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Ou donc es-tu passée ?
Ton bougon de mari
Qui fut l’amant doué
Un jour s’en est allé.
Remisant ton chagrin,
Ne tissant pas de larmes
La trame de tes jours,
Tu repris le crochet
Et puis l’aiguille, le dé
Tu m’appris le passé,
La passion, la patience,
Faits de toile et de lin.
Justine, ô ma Justine
Que m’as-tu donc laissé
Dans mes malles, mon grenier ?
Ton voile de mariée,
Ta chemise d’accouchée,
La serviette damassée,
Les initiales brodées,
La dentelle de Calais,
Et en ballot serré,
Un peu de ton matelas,
Beaucoup de ton jupon,
Le sarrau de la bonne,
Le torchon de cuisine
Et tout ces petits riens
Qui ne servent jamais.
Justine, ô ma Justine,
Dans mon cœur est restée. |
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