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C’était avant la guerre.
Dans la maison de ma grand-mère,
Il y avait un banc de pierre,
Sous un vieux pommier.
A l’époque des fleurs,
Seule fille de la famille,
Je m’y réfugiais,
Et ce, jusqu’à la fin de l’été.
Puis, les pommes tombant
Me faisaient quitter ce banc.
Il restait le saule heureusement.
Je me lassais des jeux
Des garçons, frères et cousins
Tous sales et bruyants.
J’étais l’amazone fière,
Féroce avec tous ces manants.
J’attendais mon prince charmant,
Par lui je serai conquise.
Alors, sous mon arbre,
Je me contais des histoires.
Là, j’ai rencontré les fées.
L’une surtout m’avait frappée.
Elle remplaçait les mots
Par des perles ou des crapauds.
J’étudiais mon langage.
Je ne prenais pas de risques,
Peut-être qu’elle m’entendrait.
Mais c’était ma mère qui m’appelait :
« Ma fille ou étais-tu passée ?
Tes frères te cherchaient »
Devant son air inquiet,
Je la rassurais : « Mère
J’étais ailleurs, je rêvais. »
Tous ces désirs restaient cachés
Sous l’ombre immense du saule.
Ses fines feuilles bruissaient :
« Nous gardons tes secrets »
Merveilleuse époque !
Il fallait tout imaginer,
Car seuls les livres
Donnaient le pouvoir de rêver. |
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