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Le fiancé partit
Vers la lointaine Asie.
Mon cœur, ma douce mie
Il ne faut pas pleurer.
Je pars pour mon métier.
Un jour, je reviendrai.
Mais dans combien d’années ?
Soit ma fidèle amie.
Toujours je t’écrirai
Plus de deux ans passèrent,
Tous ces longs mois d’hiver,
Les Noëls solitaires
Le mariage des voisines,
Le baptême des bébés,
Et le cœur gros d’envie.
Bien sûr, il écrivit.
Les saisons s’écoulèrent.
Un beau jour de juillet
Les bateaux accostèrent.
A la joie du retour
Se mêla comme une ombre.
C’était lui et pas lui.
La guerre avait eu lieu,
Et la souffrance aussi.
Chacun avait changé.
Il fallu retricoter
Toutes les mailles du passé.
Ils reprirent la route,
Le désir de s’aimer.
Et à leur noces d’or
Ils dirent : On a bien fait. |
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