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Les mots sont des trésors
Il faut les respecter.
D’abord il y a l’alphabet,
Vingt six petits dessins
Qui ne disent rien.
L’enfant regarde la maîtresse
Comment elle fait des sons
Juste en collant deux signes.
Quelle chance disait mon père
Un enfant qui apprend.
Lui, lisait en cachette
Car dans sa famille,
Ce n’était pas coutume
D’ainsi, perdre son temps.
Il devait avec ses frères
Travailler dans les champs.
Il ne rechignait guère,
Rêvant à tous ces mots
Qui trottaient dans sa tête.
Un jour il aurait le temps.
Plus tard me voyant partir
Pour l’école, mais de l’autre coté,
Il me dirait les yeux brillants
De larmes refoulées :
« Ma fille, tu me fais honneur. »
Encore des mots très beaux
A mettre dans mon cœur.
Parfois les mots sont désespoir
Mais de ceux là
Je ne veux pas parler
Ecoutez cette histoire,
On peut à peine y croire
Helen Keller hurlait, frappait,
Se roulait de colère.
D’être dans son silence
Complètement emmurée.
Jusqu’au jour, où miracle
Des gestes dans sa main
Lui dirent le mot « eau ».
De l’enfer elle sortit.
La vanne était ouverte
Et la rivière jaillit.
Rivière de la vie
Je rêve d’un monde,
Ou chaque jour les petits,
Rangeraient au milieu du goûter
Le mot neuf de la journée
Au bout d’une longue année
Une grande fortune
Serait ainsi amassée
Les mots quel beau cadeau ! |
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