Quand il vit la souffrance
Comme on vit une guerre
Lorsqu’il la prend à bras le corps
Sans se laisser abattre
Là l’homme est un héros.
Héros des hôpitaux
Vainqueur de la douleur,
Des pansements, des sanies
Des réveils nauséeux
Il personnifie le courage.
De ces héros anonymes
Eric fait partie.
De la naissance à douze ans
Il fallut restaurer
Ce que la nature avait loupé.
Il avait une mère, un père
Et même un grand frère
Son aîné de quatre ans.
Tous l’entourèrent
Durant ces milliers de jours
Passés à l’hôpital.
Eric a même le courage
De sourire à sa mère
Crucifiée elle aussi
Et qui pense à Marie.
Ils savent tout deux
Qu’il faudra recommencer
Maintes et maintes fois.
Ensemble ils s’accrochent
Pour aider le père
Homme pudique et fier
Qui souffre le calvaire.
Le dimanche ils sortent
Ensemble un fils, un père,
Car il faut bien survivre.
Chacun se regarde
Tristement il faut dire,
Mais le plus triste des deux
Il ne le montre guère
Est peut être le père
Privé d’un de ses garçons.
Combien de rêves brisés
En plus de la souffrance
Mais le petit est grand.
De son courage magnifique
Il hisse jusqu’à l’héroïsme
Sa famille déchirée.
Les années ont passé,
Le corps restauré,
Parfois le cœur blessé.
Et puis, à quarante ans,
Il rencontra une jeune femme,
L’aima, fut aimé
Et eut le bonheur d’être père.
Elle vous surprend parfois
Cette garce de vie ! |