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Il était une fois, il y a plus de cent ans,
une demoiselle rêveuse qui brodait sont trousseau.
Elle s’appliquait beaucoup à orner de son initiale,
et de celle de son futur époux, son linge de maison :
points de croix rouges, points de plumetis blancs…
Elle voyait peu à peu la pile de ses draps, nappes,
serviettes et même torchons emplir ses armoires.
Cela lui donnait une grande satisfaction mais rien ne valait
le bonheur coquin de broder son linge.
Là, petit plis religieuse, festons, broderies anglaises,
dentelles à l’aiguille ou au crochet la faisaient rougir.
De ces fines toiles de lin qui couvriraient son corps :
chemise, jupon, corset, culotte fendue…
elle savait ce que son galant en ferait…
Mais elle ne savait pas qu’un jour,
je laverais, repasserais, assemblerais ces petits trésors
pour en faire des coussins et des sacs, et qu’ainsi
je ferais revivre l’émoi d’une petite Justine
depuis longtemps disparue. |
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