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PADMA LAVEISSIERE
BIOGRAPHIE

 

Dans une joie empreinte de respect, mes sculptures expriment dans leurs allures de déesses aux courbes généreuses, délicates, insoumises et fluides que je suis fille de la Terre. Elles rendent hommage à cette dimension sacrée qui vibrent en chacun de nous et qui révèlent ce que nous sommes.
Cependant, lorsque je regarde en arrière et me penche sur mon parcours de vie, force est de reconnaître que je suis aussi : fille de l’Air. Mouvements, tourbillons et vents contraires, m’ont souvent entraîné sur des voies aussi inattendues qu’enseignantes.

J’ai commencé mon parcours professionnel en tant que comédienne pour répondre à un rêve d’enfant. A 23 ans, la naissance de ma fille Eva, va venir bousculer ces premiers pas. Mère célibataire, je me retrouve à devoir travailler dur pour arriver à faire face aux charges qui m’incombent.

Malgré ce, ma quête éperdue de donner du sens à ma vie me conduit à changer d’emplois des dizaines de fois. Dès qu’un employeur souhaitait me faire un contrat à durée indéterminée, je prétextais une proposition plus intéressante dans une autre société. Mes parents au désespoir ne me comprenaient pas. Espérant leur entendement, je leur exprimais chaque fois : " je ne travaille pas, j’apprends ". Propos qui intensifiaient leur incompréhension. Pour ma part, c’était pourtant clair : j’avais vu, entendu, appris.

A l’annonce de ce fameux contrat et bien que consciente de mes responsabilités familiales, la confiance inébranlable que j’ai à l’égard de la vie me dictait le signal de départ. Encore aujourd’hui, j’éprouve la nécessité de me fondre dans le courant de l’existence en essayant de privilégier la présence à ce qui est afin que ma vie tienne son rôle initiatique et transforme ce qui doit l’être... Pour autant, cela n’enlève rien aux engagements qui sont les miens et pour lesquels je m’implique totalement.

Eva a 7 ans. Dans son école, les instituteurs me laissent la possibilité de donner des cours de théâtre durant l’année scolaire, pour créer le spectacle de fin d’année. J’avais arrêté l’art dramatique pour ma fille et grâce à elle je remonte sur les planches…
C’est ainsi que je suis devenue professeur de théâtre dans les écoles et lycées professionnels des quartiers Nord de Marseille. Côtoyer ces jeunes sans rêve d’avenir et bien souvent laissés pour compte m’a permis d’asseoir la conviction que l’amour peut façonner un nouvel être. Il est le remède à la souffrance qui n’éradique pas un passé mais qui permet de le transcender.

Dans cette même période, je donne des cours en tant que formatrice en communication auprès des chômeurs longue durée et aide les étudiants à préparer l’oral du BTS. Tout cela est saupoudré par quelques mises en scène et quelques rôles à la télévision et au théâtre.
J’ai 35 ans et j’ai l’impression d’avoir trouvé ma voie. C’est à ce moment-là que je rencontre mon futur ex-mari. Il est patron pêcheur. Un monde à part s’ouvre à moi et donne naissance à la fille de l’Eau qui sommeillait en moi. Je vais mettre un an pour quitter toutes mes actions et pour le rejoindre à la Mer.
Etre marin pêcheur. Inattendu ! L’inattendre dont parle si bien Jean-François Vézina dans ces " Hasards nécessaires " venait encore une fois frapper à la porte de ma conscience.

Même, si cela est difficile de se lever tôt le matin, quel émerveillement d’entendre le cri de joie des mouettes saluant de leur vol le soleil qui efface l’obscurité de la nuit en peignant sur les roches des pastels rosés ;
de voir la lune se coucher à l’occident en drapant la mer d’un voile d’argent ;
de sentir le vent qui souffle en éveillant l’esprit ;
de regarder la mer par tous les temps et de prendre conscience de la vie qu’elle porte en elle…

Sans en être pleinement consciente, la Mer va me permettre d’enclencher le travail intérieur de dissolution de l’égo. Face aux éléments, les conditionnements et les représentations s’effritent. L’être intérieur épouse l’Unité dans sa diversité et telle une graine germe et amorce sa croissance. La Mer me donne la possibilité de me guérir de moi-même… Elle va venir polir la pierre anguleuse de mes fragilités et me permettre d’accéder à d’autres possibles inexplorés jusqu’alors.

Dix ans plus tard, le divorce me décide à m’installer au Panier où j’ouvre mon atelier de sculpture dans lequel je vais vivre avec ma fille alors âgée de 20 ans. Suite à un incident, j’ouvre mes portes aux jeunes des rues du quartier. Au fil des jours, des liens se tissent. Des règles de respect et de bienveillance s’installent dans les échanges et les partages. L’atelier devient leur refuge.

Quelques années plus tard, je vends l’atelier et décide de partir en Inde plusieurs mois afin de faire le deuil d’une histoire sentimentale qui vient de se terminer laissant une sensation d’inachevé.
Me voici fille du Feu, sur cette Terre spirituelle qui brûle et consume notre être social et révèle notre dimension spirituelle. Durant cette période, je vais déposer les reliefs de ma vie aux pieds de Mata Amritanandamayi plus simplement appelée Amma.
Apprendre à me libérer de l’opinion d’autrui, pratiquer le non-jugement vis-à-vis de soi et des autres, développer un regard témoin qui ne triche pas et permet la vigilance, servir et faire sans rien attendre en retour, accueillir et laisser place à l’Amour, vont être mes compagnons de voyage.

Dans le même temps, je vais œuvrer pour l’ONG ETW auprès des étudiants de l’Université Amrita, située à Vallikavu, en leur donnant des cours de clown-théâtre et prendre soin des enfants malades à l’hôpital AIMS de Cochin. Peu à peu, un projet se dessine. Il est le trait d’union qui donne du sens à tout ce que j’ai expérimenté. Je rentre en France pour le mettre en place.

Art-thérapeute, je me consacre en totalité à la création d’un futur lieu de vie et d’accueil pour les jeunes en grandes difficultés (www.lesgoelands.org).

Sensible depuis toujours à la cause enfantine, je suis très préoccupée par l’avenir que nous offrons aux jeunes d’aujourd’hui. Convaincue que la vie est un enseignement, je souhaite donner, à ces adolescents qui nous serons confiés, une seconde chance afin qu’ils trouvent leur voie. La souffrance doit permettre à l’Homme de devenir meilleur. Si la traversée des épreuves est bien souvent génératrice de peurs, de colères et d’égarements, la compréhension et l’acceptation développent quant à elles pardon et gratitude. Alors, la joie apparaît en toutes circonstances.

 

"Je suis pleinement consciente d’avoir tout à apprendre au contact de ces jeunes. Ma vraie vie, celle pour qui je suis née, m’attend dans peu de temps…"

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